A l’approche des élections présidentielles, une question centrale doit être posée : quelles stratégies énergétiques doivent être choisies ?

Car face à l’accroissement de la demande en matière d’énergie et aux risques qui se multiplient, nous devons aujourd’hui faire un choix.

La demande mondiale de l’énergie croît à raison de 2% par an de manière stable sur les 35 dernières années. En outre, nous étions 3 milliards en 1960, 6 milliards aujourd’hui et serons 9 milliards en 2050 et aujourd’hui près de 2 milliards d’individus n’ont pas accès à l’énergie. Un arrêt brutal de la croissance est irréaliste avec l’explosion de la demande énergétique en Asie même si les pays industrialisés réduisent drastiquement leurs consommations énergétiques. Pour exemple, la Chine et l’Inde représentent à elles deux environ la moitié de la hausse de consommation d’énergie et on envisage à l’horizon 2050 plus qu’un doublement de la demande (+ 110%).

Ces pays utilisant la ressource charbon, les émissions de gaz à effet de serre augmentent encore plus vite (+ 137%).

Enfin, comme le montre l’étude du GIEC (Groupe Intergouvernemental d’experts sur l’évolution du climat) publiée le 1er février 2007, la terre ne peut connaître une élévation de température supérieure à 2°C sous peine de conséquences dramatiques. Les concentrations admissibles de gaz à effet de serre ne doivent pas excéder un surcroît de 18 % par rapport aux concentrations actuelles. Pour atteindre ce résultat, il faut diminuer drastiquement les émissions en cours du 21ème siècle et pour ce, nous devons en termes d’émissions au niveau global, atteindre un pic d’ici 2020 puis les diviser nettement d’ici 2050.

Une autre variable pourrait être ajoutée à cette équation, quid de la question des réserves. Si le pic pétrolier est annoncé pour 2020, le pic gaz pour 2030, le pic charbon lui apparaît plutôt en 2050. Mais, ce n’est pas la limitation des ressources fossiles qui permettra de résoudre le problème du climat. En effet, les niveaux liés à l’usage de toutes les ressources fossiles sont près de 6 fois supérieurs à ce que la planète peut accepter pour ne pas dépasser un réchauffement de 2°C. Il faut donc traiter la question du climat indépendamment de la question de la taille des ressources et surtout plus rigoureusement.

L’équation est difficile à résoudre mais inéluctable : Comment continuer à se développer tout en réduisant les émissions de gaz à effet de Serre ?

Première solution, innover dans de nombreux secteurs notamment ceux du bâtiment, du transport, de l’urbanisme, de l’aménagement durable du territoire ainsi que l’agriculture et l’agroalimentaire.

Les technologies doivent être mobilisées aussi bien du côté de l’offre avec notamment le nucléaire, les énergies renouvelables, le captage et stockage de CO2, que du côté de la demande avec les véhicules moins émetteurs de CO2 et les bâtiments à énergie positive.

Beaucoup de ces technologies concernées n’ont pas atteint leurs performances optimales en terme de coût et de fiabilité. La mise en place de cadre incitatif pour les nouvelles technologies de l’énergie puissent progresser rapidement et devenir compétitives est donc indispensable.

Un second axe de développement est l’aide à leur déploiement dans un contexte de marché ouvert où certaines de ces technologies présentent inéluctablement un surcoût pour les utilisateurs. Dans ce cas, dans la mesure de leur contributivité au règlement du problème du changement climatique, elles doivent être imposées. C’est tout l’enjeu notamment dans le parc de bâtiment existant. L’innovation n’est pas seulement nécessaire dans le domaine technologique mais aussi au niveau des modes d’organisation. Il s’agit de mettre en place un cadre différent qui incite les acteurs à changer de comportements, ce qui devrait modifier les modes de production et de consommation.

Alors légiférons pour imposer un financement du surcoût à l’investissement des bâtiments à énergie positive. Imposons des tarifs d’achats d’électricité suffisant pour créer une diversité au niveau des énergies renouvelables (biomasse, biogaz,…)…

Pour en savoir plus :

www.energiepositive.info

Les cahiers de la compétitivité du MONDE daté du 21 mars 2007

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