Pour le bâtiment, le Grenelle est un grand pas pour donner la direction à suivre. Certes, il reste encore à faire, notamment sur la rénovation avec l’enjeu majeur d’éviter l’énergie grise dépensée dans la construction neuve. Il est important de fixer, via une réglementation thermique des objectifs chiffrés sur la rénovation. Pour répondre à cette urgence, des solutions simples et reproductibles existent. Le bureau d’études ENERTECH dirigé par Olivier SIDLER propose la solution universelle, qui se décline en 5 dispositions à mettre en œuvre dans tous les bâtiments à rénover :

1 - Ajouter aux murs, et au plancher bas (sur garage ou sur extérieur) une résistance thermique de 4,3 m²K/W (par exemple, >?xml:namespace prefix =" ""st1" /?< 15 cm de laine minérale),

2 - Ajouter en combles ou en toiture une résistance thermique de 7,5 m²K/W (par exemple, 30cm de laine minérale),

3 - Remplacer les menuiseries par des menuiseries en bois non renforcées munies de triple vitrage peu émissif avec argon (U <= 1,1 W/m²°C),

4 - Mettre en œuvre une ventilation double flux avec récupérateur de chaleur d’efficacité minimum de 70 %,

5 - Utiliser pour la production de chaleur soit une chaudière gaz à condensation, soit une chaudière fioul à haut rendement, soit une pompe à chaleur présentant un COP > 3, soit évidemment une chaudière à bois à condition que son rendement soit supérieur à 70 %.

Le Grenelle avait l’immense avantage de fixer un cadre clair et chiffré à partir de 2012 sur le neuf. Cette norme indique que la consommation d’énergie primaire des constructions neuves à partir de 2012 sera «inférieure à 50 kilowattheures par mètre carré et par an en moyenne, ce seuil étant modulé en fonction de la localisation, des caractéristiques, de l’usage et des émissions de gaz à effet de serre des bâtiments».

Or, la norme de basse consommation des bâtiments pourrait être remise en cause par le projet de loi Grenelle I. En effet, le fait de moduler le nombre de 50 kWh/m2/an en fonction de son contenu en CO2 pourrait signifier le recours possible au chauffage électrique provenant des centrales nucléaires, très peu émettrices de GES. Si l’on met du chauffage électrique partout, cela signifie que du chauffage en pointe sera nécessaire, c’est-à-dire du chauffage provenant d’énergies émettrices de CO2, comme le charbon, le gaz ou le fioul.

Déjà, au moment des négociations du Grenelle, en octobre 2007, le lobby du chauffage électrique avait déjà tenté, sans succès, de transformer la norme en 50 kWh/m2/an d’énergie finale, et non d’énergie primaire, pour ne pas disqualifier la technologie qu’il défend. En effet, pour consommer 20 kWh de chauffage électrique dans un logement (énergie finale), il faut que la centrale nucléaire en produise 51,6 (énergie primaire). Ce chiffre, issu de la méthode de calcul réglementaire, est même sous-estimé, considèrent les ONG qui multiplient de leur côté jusqu'à 3,5 pour passer de l’énergie finale à l’énergie primaire. *

Le projet de loi devrait être examiné par le Parlement à partir d’octobre prochain. Nous souhaitons lancer un message aux décideurs :

  • Merci de ne pas renoncer à la norme ambitieuse mais indispensable, issue du Grenelle, de 50 kWh/m2/an en énergie primaire pour les bâtiments neufs, seulement pour sauver le chauffage électrique qui rendrait alors quasi impossible  d’atteindre le facteur 4.
  • Merci de ne pas faire du corporatisme pour le bien d’un petit nombre et au péril d’un très grand nombre
  • Merci pour nous tous de ne pas revenir en arrière…car n’oublions pas qu’il nous reste très probablement que 7 ans pour agir….

* Paragraphe issu du Journal de l'Environnement