Le 9 juin 2016 a eu lieu une table ronde sur  "la filière est-elle prête à délivrer une performance dans la durée?" dans le cadre d'une journée organisée par le syndicat des entreprises générales du BTP.

DAMIEN LAMBERT, gérant d’Amoes l’énergie positive, Bureau d’études technique de 20 personnes spécialiste de l’énergétique des bâtiments (maîtrise d’œuvre, réhabilitation, assistance aux maîtres d’ouvrage, campagnes de mesures, recherche appliquée) mais aussi de l’environnement en général.

Vous êtes en contact permanent avec des maîtres d’ouvrage : ressentez-vous une évolution de leurs attentes ?

Hormis sur de grands projets, je dirais que la conjoncture fait que la plupart des sujets courants se jouent davantage sur le prix que sur la qualité. Malheureusement.

Livrer une performance d’usage dans la durée : quels enjeux pour la filière ?

La forme du contrat signé conditionne beaucoup la performance d’usage livrée : en effet, il est par nature plus facile de conduire un raisonnement en coût global dans un marché global de performance que dans un marché en loi MOP, encore faut-il que l’exploitant accepte de jouer le jeu du coût global.

La segmentation des missions ne facilite pas les choses. C’est quand même possible en loi MOP si le maître d’ouvrage prévoit des missions complémentaires de type commissionnement ou rédaction du dossier exploitation maintenance pour faire la passerelle entre la livraison du bâtiment et son fonctionnement au quotidien.

Enfin, la taille et le montant du projet rend aussi plus faisable ou non un contrat de type marché global de performance car il faut dans ce cas avoir un cadre et suivi précis ce qui est plus facile pour un maître d'ouvrage sur un projet avec un montant de travaux significatif.

Le numérique va-t-il faire bouger les choses ?

Sans aucun doute. La maquette numérique va permettre de mieux réfléchir en amont, d’anticiper, et de travailler plus sereinement. C'est d'ailleurs, une formidable occasion pour la maîtrise d'oeuvre de se réapproprier la mission EXE. Mais attention aux effets de mode : tous les projets ne nécessitent pas de maquette numérique ! ça a du sens pour les projets d’une certaine taille et pour le tertiaire car il y a des équipes de gestion-maintenance derrière. En logement, cela peut aussi avoir du sens mais encore une fois attention. Un changement de programme après le PC, cas finalement assez courant, nécessite une reprise plus lourde sur une maquette numérique que sur des plans 2D. Enfin, les bailleurs devront aussi avoir des équipes pour faire vivre la maquette numérique après la livraison s'ils souhaitent l'utiliser en exploitation maintenance.